La prééminence de Pierre dans l’Église naissante

Matthieu 16:17 Jésus reprit la parole et lui dit: «Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas une pensée humaine qui t’a révélé cela, mais c’est mon Père céleste. 18 Et moi, je te dis que tu es Pierre et que sur ce rocher je construirai mon Eglise, et les portes du séjour des morts ne l’emporteront pas sur elle. 19 Je te donnerai les clés du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre aura été lié au ciel et ce que tu délieras sur la terre aura été délié au ciel.»

Je reconnais donc d’emblée le rôle prééminent de Pierre dans la naissance de l’Église, quand il est avec Jean, c’est toujours lui qui prend la parole pour les deux (Actes 3:11, 4:8, 8:20). Pierre est le premier apôtre à voir Jésus ressuscité (1Corinthiens 15:5), il est celui qui propose de remplacer Judas (Actes 1:15-26), il est le premier apôtre à parler à la Pentecôte (Actes 2:14). Avec les clés du royaume que Jésus lui a données, Pierre a ouvert le royaume des cieux aux juifs (Actes 2:14-40), aux samaritains (Actes 8) et aux païens (Actes 10 Corneille). Maintenant que la porte est ouverte à tous, on peut les inviter à entrer dans le royaume par la foi en Jésus. Nous aussi sommes appelés à lier et à délier selon Matthieu 18:18, à la suite de Pierre qui fut le premier à le faire selon Matthieu 16:19.

Jésus lui avait confié les 10 autres apôtres et les disciples juifs (Jean 21:15-17) mais qu’il y ait eu transfert de tout ce que Jésus lui avait confié à l’évêque de Rome particulièrement et même exclusivement cela outrepasse le texte biblique qui dit que Pierre était l’apôtre des juifs et Paul l’apôtre des païens (Galates 2:8), ce qui ferait de Rome l’église de Paul bien plus que de Pierre, car l’empereur Claude avait chassé de Rome tous les juifs de la ville (Actes 18:2) et il ne restait donc que des païens dans l’Église de Rome. Plus tard, les juifs ont pu revenir à Rome et Pierre y est allé terminer son séjour terrestre, d’après ce que racontent les Pères de l’Église qui comprennent Babylone comme un surnom donné à la ville de Rome aux sept collines, la capitale de l’empire romain (Apocalypse 14:8, 16:19, 17:5, 18:2,10,21).

1Pierre 5:13 L’Eglise des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils.

L’Église bâtie sur Pierre et les douze apôtres continue d’être bâtie depuis ce temps sur les fondations des paroles de Jésus rapportées par les apôtres, je ne vois vraiment pas de rapport particulier avec l’évêque de Rome. Ce sont les aléas de l’histoire de l’empire romain quand leurs empereurs ont commencé à « adhérer » à la foi chrétienne qui ont donné la prépondérance à Rome et puis à Constantinople tant dans le domaine religieux que politique.

Ce n’est pas mauvais en soi pour autant, c’est même normal et souhaitable que des églises servent comme modèles de colonnes pour la vérité autant que possible (1Timothée 3:15) mais chercher un appui biblique pour une église en particulier c’est faire violence aux lois de l’exégèse. Ce principe de surveillance, du rôle de gardien, Paul l’a rempli tout autant et même plus que Pierre ; il avait le souci de toutes les églises (2Corinthiens 11:28), pas juste celles des juifs. Ce rôle de surveillance est échu à chaque évêque (pasteur) sur le troupeau que Dieu lui a confié. Ça fonctionne bien ainsi la plupart du temps dans nos églises évangéliques.

Regardons ce que Jésus a donné à l’église pour son perfectionnement :

Ephésiens 4:11 Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, 4.12 pour le perfectionnement des saints en vue de l’oeuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ,

Jésus commence par la fondation de l’église posée par les apôtres, les prophètes et les évangélistes pour faire des implantations d’église, ensuite sur les pasteurs et docteurs pour bâtir sur ce fondement. On ne voit pas de chef unique visible dans ce plan. Une fois l’église implantée, les évêques veillent sur leur troupeau (il peut y avoir plus qu’un évêque par église (cf. Philippiens 1:1) et se rencontrent avec des évêques de d’autres églises au besoin pour discuter de points importants et prier ensemble (le premier concile Ac.15). C’est tout simple et ainsi ils peuvent marcher d’un même pas (cf. Philippiens 3:15). Bien sûr, dans la pratique, il y aura toujours des gens à la personnalité plus forte que d’autres, Pierre par exemple et même encore plus Jacques le frère de Jésus dont Pierre avait peur (cf. Galates 2). A noter que c’est Jacques qui a parlé en dernier au concile de Jérusalem, ce qui démontre qu’il avait le dernier mot. Il était plus « papable » que Pierre ! Mais même à cela quand ils adressent une lettre à l’église d’Antioche, ils se présentent non pas comme un pape et des subalternes mais comme un collègue :

Actes 15:22 Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l’Église, de choisir parmi eux et d’envoyer à Antioche, avec Paul et Barsabas, Jude appelé Barnabas et Silas, hommes considérés entre les frères. 23 Ils les chargèrent d’une lettre ainsi conçue: Les apôtres, les anciens, et les frères, aux frères d’entre les païens, qui sont à Antioche, en Syrie, et en Cilicie, salut!

Je préfère encore une fois la façon biblique de faire les choses. En ayant plusieurs apôtres, prophètes, évangélistes, évêques-pasteurs-anciens qui enseignent, on risque moins d’errer parce qu’il y a des égaux qui peuvent te reprendre au besoin, comme Paul l’a fait avec Pierre.

juin 21, 2019

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