Que penser de la Trinité ? Est-ce biblique ?

Quand l’être humain fini (limité et mortel) essaie de comprendre et décrire un Dieu infini, il s’avance dans une aventure périlleuse où il fait mieux humblement de rester dans les balises de la révélation divine dans les Écritures.

Job 11:7 Prétends-tu pénétrer les profondeurs de Dieu, saisir la perfection du Tout-Puissant ? 8 Elle est plus haute que le ciel. Que feras-tu ? Et plus profonde que l’abîme. Qu’en sauras-tu ? 9 Elle est plus longue que la terre, plus large que la mer.

Donc pour répondre à cette question, je vais me référer aux Écritures. Sous l’inspiration du Saint-Esprit, les apôtres qui nous avaient transmis la doctrine de la foi une fois pour toutes, cf. Jude 3, n’avaient pas jugé bon d’élaborer et expliquer de manière systématique le type de relation ontologique (dans leur nature) et économique (dans leurs actions) entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ils nous en ont quand même offert des bribes ici et là et les érudits qui les ont suivis se sont faits une gloire de sonder les choses que Dieu s’est fait une gloire de cacher.

Proverbes 25:2 La gloire de Dieu, c’est de cacher les choses; la gloire des rois, c’est d’examiner les choses.
3 Le ciel dans sa hauteur, la terre dans sa profondeur et le coeur des rois sont impénétrables.

Combien plus le coeur du Roi des rois !

En ce qui concerne le terme « Trinité » comme tel, il n’est pas employé dans la Bible. C’est une translittération du latin « trinitae » employé la première fois au IIIe siècle après Jésus-Christ par Tertullien, il l’employa pour réfuter l’explication de Jean 10:30 donnée par les Patripassiens (« père qui souffre » en latin) qui croyaient que Jésus était le Père, et que par conséquent, c’était le Père lui-même qui était né, avait souffert et mourut sur la croix. Voici la réponse de Tertullien:

«Ainsi, la connexion du Père dans le Fils, et du Fils dans le Paraclet, produit trois cohérentes personnes, qui sont distinctes l’une de l’autre. Ces trois sont une essence, mais pas une personne, comme il est écrit «Moi et le Père, nous sommes un» (Jean 10:30), en respect de l’unité de substance, mais pas en singularité de nombre.»

L’unité entre le Père et le Fils est comprise au niveau de la substance ou de l’essence, c’est-à-dire au niveau de leur nature divine, c’est ainsi qu’on peut dire qu’il y a un seul Dieu. L’unité n’est pas au niveau de leur personne, le Père n’est pas le Fils. Jésus se distingue clairement de la personne de son Père quand Il parle aux Juifs :

Jean 8:17 Il est écrit dans votre loi que le témoignage de deux personnes est vrai. 18 Or, je me rends témoignage à moi-même et le Père qui m’a envoyé me rend aussi témoignage.

En résumé, Jésus a établi la distinction de personnes dans ce passage comme il a établi l’unité d’essence dans Jean 10:30 et 38 quand il déclare :

Moi et le Père, nous sommes un. (…) le Père est en moi et je suis en lui.

Nous retrouvons la même formulation dans 1Co.3:7-8 que dans Jn.10:30

1Corinthiens 3:7 De sorte que ni celui qui plante n’est rien, ni celui qui arrose, mais Dieu qui donne l’accroissement. 8 Or celui qui plante et celui qui arrose sont un; mais chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. (version Darby)

Celui qui plante est distinct de celui qui arrose, il n’est pas la même personne, il n’a pas le même rôle, mais il partage la même nature humaine.

Puisque l’homme et la femme ont été créés à l’image de Dieu, on peut faire une analogie entre l’unité humaine dans le mariage (l’homme et la femme sont une seule chair) et l’unité divine dans l’éternité (le Père, le Fils et l’Esprit sont une seule essence divine). Contrairement à l’unité humaine, nous ne savons pas pour le moment en quoi consiste cette unité divine, mais elle est bien réelle. Dans le contexte où Jésus l’a exprimée, on voit qu’il faisait référence au fait qu’Il faisait les mêmes oeuvres que Dieu son Père (Jn.10:25), Il l’explique plus loin aux versets 37 et 38, c’est ce qui L’a amené à dire que Lui et le Père étaient un (Jn.10:30).

Dans la prière sacerdotale, Jésus étire encore plus le concept de l’unité en y faisant participer les croyants. Les juifs auraient fait sûrement une syncope s’ils avaient entendu Jésus prier ainsi son Père:

Jn.17:20 Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, – 23 moi en eux, et toi en moi, -afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.

Dans sa grâce, en nous unissant à lui par la foi en Jésus, Dieu nous fait participer à sa nature divine:

2Pi.1:3 Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu,
4 lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise

Pour ce qui est du Saint-Esprit, Il est associé au Père et au Fils à plusieurs reprises au niveau économique, dans ses interactions avec les hommes, ce qui Le place logiquement au même niveau de l’essence divine, ce n’est pas la place, d’une créature ou d’une force impersonnelle.

Matthieu 28:19 Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

Éphésiens 2:18 A travers lui, en effet, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père par le même Esprit.

2Corinthiens 13:13 Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.

Justin Martyr, vers 150 après Jésus-Christ montre comment les premiers chrétiens avaient continué à considérer la Trinité comme digne d’adoration dans une lettre (Première apologie, adressée à Antonin le Pieux) contenant les deux passages suivants :

6. Voici le Dieu que nous adorons, et avec lui son Fils qu’il a envoyé et qui nous a instruits, et enfin l’Esprit prophétique; après eux, l’armée des bons anges, ses satellites et ses compagnons reçoivent nos hommages.
(…) 13.Avec ce Dieu suprême nous adorons encore deux autres personnes: celui qui est venu pour nous enseigner sa doctrine, Jésus-Christ notre maître, crucifié en Judée sous Ponce-Pilate, du temps de Tibère-César, véritablement Fils de Dieu; et enfin l’Esprit prophétique, culte éminemment raisonnable, comme nous vous le démontrerons.

La Trinité, ou tri-unité, comme certains préfèrent l’appeler pour souligner à la fois le fait qu’ils sont trois en un, n’est pas un concept sans parallèle à notre portée puisque l’unité de chair entre l’homme et la femme mariés manifestent à un autre niveau que deux personnes distinctes peuvent être considérées sous un certain angle comme une seule entité, comme le Père, le Fils et le Saint-Esprit peuvent être aussi trois personnes distinctes pouvant être considérées sous un certain angle comme était une seule entité divine, un seul Dieu.

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