Pardonner n’est pas un exploit, c’est un ordre auquel on obéit par la foi !

Dans l’évangile de Luc, on retrouve un échange intéressant entre Jésus et ses disciples, un échange qui nous rend perplexes en ce sens qu’il peut sembler un peu décousu.

Luc 17: 1 Jésus dit à ses disciples: «Il est inévitable qu’il y ait des pièges, mais malheur à celui qui en est responsable! 2 Il vaudrait mieux pour lui qu’on attache à son cou une meule de moulin et qu’on le jette à la mer, plutôt qu’il ne fasse trébucher un seul de ces petits. 3a Faites bien attention à vous-mêmes.

Dans ces deux premiers versets, Jésus met en garde ses disciples de ne pas causer la chute de personne par un mauvais comportement, la mort même du disciple fautif est préférable à cela, c’est dire le sérieux de la chose pour le Seigneur ! Donc faisons bien attention à nous-mêmes, ce ne sont pas le pasteur ni nos parents ni notre mari ou femme ni personne d’autre qui peut le faire à notre place, veillons et prions pour ne pas tomber en tentation, dira aussi Jésus par la suite dans Matthieu 26:41.

Jésus enchaîne ensuite sur ce qu’il faut faire quand un disciple n’a pas fait attention et a fait du tort à un autre disciple. Un de ses petits qui croient en Jésus, ce disciple offensé doit alors aller le faire remarquer au frère fautif et si celui-ci reconnaît ses torts, il doit lui pardonner.

Luc 17:3b Si ton frère a péché contre toi, reprends-le et, s’il reconnaît ses torts, pardonne-lui. 4 S’il a péché contre toi 7 fois dans une journée et que 7 fois dans la journée il revienne vers toi et dise: ‘J’ai eu tort’, tu lui pardonneras.»

En une autre occasion, Pierre le sujet du pardon dans la discussion et Jésus pousse le nombre de fois à pardonner jusqu’à 70 fois 7 fois, en fait trop de fois pour se mettre à les compter dans la pratique.

Matthieu 18:21 Alors Pierre s’approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi? Sera-ce jusqu’à sept fois? 22 Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois.

En entendant parler ainsi du pardon accordé 7 fois dans la même journée, les apôtres demandent au Seigneur de leur augmenter la foi car ils se sentent incapables de pardonner aussi souvent dans la même journée à la même personne. Ça se comprend, on deviendrait exaspérés pour bien moins que cela, après 3 ou 4 fois on se dirait probablement que la personne fait exprès !

Luc 17:5 Les apôtres dirent au Seigneur: «Augmente notre foi.»

La foi est un don du Saint-Esprit (Galates 5:22), on part tous avec la même petite mesure de foi qui nous permet de croire en Jésus, après cela nous revient de la faire grandir. Jésus fait remarquer que ses disciples avaient une bien petite foi (Matthieu 17:20) tandis que d’autres avaient une grande foi comme la femme syro-phénicienne qui avait une fille possédée (Matthieu 15:29) ou le centenier romain qui avait un serviteur malade (Matthieu 8:10). On peut passer d’une petite foi à une grande foi et c’est ce que Paul espérait pour les chrétiens de Corinthe.

2Corinthiens 10:15 Ce n’est pas hors de toute mesure, ce n’est pas des travaux d’autrui, que nous nous glorifions; mais c’est avec l’espérance, si votre foi augmente, de grandir encore d’avantage parmi vous, selon les limites qui nous sont assignées,

En réponse à la requête de ses disciples, au lieu de mentionner que la foi vient et augmente en méditant la parole de Dieu (Romains 10:17), Jésus part dans une autre direction et enseigne que ce n’est pas d’avoir une grande foi qui compte pour pardonner 7 fois dans la même journée à la même personne ou accomplir quoi que ce soit d’autre qui semble impossible à réaliser humainement parlant. Jésus donne un exemple encore plus extrême que celui employé pour le pardon.

Luc 17:6 Le Seigneur dit: «Si vous aviez de la foi comme une graine de moutarde, vous diriez à ce mûrier: ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.

Une petite foi est donc suffisante pour dire à un frère récidiviste invétéré qu’on lui pardonne ! Ensuite, Jésus y va d’un exemple qui ne semble pas avoir rapport avec ce qui précède.

Luc 17:7 »Si l’un de vous a un esclave qui laboure ou garde les troupeaux, lui dira-t-il, à son retour des champs: ‘Viens tout de suite te mettre à table’? 8 Ne lui dira-t-il pas au contraire: ‘Prépare-moi à souper, ajuste ta tenue pour me servir jusqu’à ce que j’aie mangé et bu; après cela, toi, tu mangeras et tu boiras’? 9 A-t-il de la reconnaissance envers cet esclave parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné? Je ne pense pas. 10 Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: ‘Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.’»

Jésus conclut cet échange avec ses disciples en leur disant qu’ils sont des serviteurs «sans mérite particulier (version Semeur). Alors quand ils ont pardonné comme il leur avait ordonné, ils ne devraient pas penser avoir fait quelque chose de si extraordinaire que cela, ils ne devraient pas s’attendre à ce que Jésus, leur maître, se mette à les applaudir quand ils allaient pardonner à leur frère. Ils n’ont fait que ce qui était tout à fait normal pour quelqu’un qui se dit disciple de Jésus qui pardonnait les péchés aux gens (Marc 2:5) et qui allait offrir le pardon à l’humanité entière sur la croix (Luc 24:47).

Concernant l’expression «serviteurs inutiles», on ne la retrouve qu’une seule autre fois et elle désigne le serviteur qui avait enterré son talent d’or au lieu de le faire profiter et qui se retrouve à être jeter dehors de la présence du Maître (Matthieu 25:30). Ce n’est évidemment pas le sort que Jésus veut que ses disciples s’imaginent recevoir. Dans le contexte de Luc 17, Jésus veut que ses disciples réalisent qu’ils ne sont pas indispensables, le mot inutile en grec «achreios» est composé du négatif «a» et du mot «chreos» qui signifie nécessaire. Dieu n’a pas absolument besoin de nous, c’est une grâce qu’il nous fait d’être à son service et nous devons nous contenter dans le fait d’avoir accomplir la volonté de Dieu qui est bonne, agréable et parfaite (Romains 12:2).

Maintenant qu’on a compris les leçons essentielles que Jésus voulait enseigner à ses disciples, on peut regarder quelles applications on peut trouver dans ce récit. Le pasteur Joël Spinks de l’Église de la Victoire a fait une application intéressante des versets 7-10. Il a mentionné dans une prédication que la foi est à notre service, même toute petite, elle est présente pour faire ce qu’on lui ordonne ! Notre foi est à notre service lorsque nous commandons des choses, cependant la foi est loin d’être un serviteur qui n’est pas nécessaire, car c’est ce qu’on a de plus précieux, même plus précieux que l’or pur !

1Pierre 1:6 C’est ce qui fait votre joie, même si maintenant, puisqu’il le faut, vous êtes pour un peu de temps attristés par diverses épreuves. 7 Ainsi, la valeur éprouvée de votre foi – beaucoup plus précieuse que l’or, qui est périssable et que l’on soumet pourtant à l’épreuve du feu – aura pour résultat la louange, la gloire et l’honneur lorsque Jésus-Christ apparaîtra.

Le pardon, spécialement quand il doit être accordé à répétition est une épreuve qui cause de la tristesse sur le coup, mais suite à notre obéissance, le Saint-Esprit vient nous remplir du fruit de sa joie.

février 6, 2022

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