Job 3:25-26 vs David Psaumes 119:39 Deux attitudes différentes face à l’adversité

J’ai remarqué que Job y exprime des craintes semblables à celles éprouvées par David dans le Psaume 119.

Job 3:25 Ce que je crains (pachad), c’est ce qui m’arrive; ce que je redoute (yagor), c’est ce qui m’atteint.

Psaumes 119:39 Eloigne de moi l’opprobre (cherpah) que je redoute (yagor) ! Car tes jugements sont pleins de bonté.

Nous voyons par ces passages que la frayeur est une dotée d’une puissance spirituelle, car à l’instar de la foi évoquée dans le passage suivant par Jésus, elle fait arriver à l’existence ce qui fait l’objet des pensées et des paroles.

Marc 11:24 C’est pourquoi je vous le dis: tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé.

David fait alors appel à Dieu pour se connecter à une puissance spirituelle supérieure à la crainte, cette puissance c’est la grâce provenant de la bonté de Dieu. Salomon exprime cette loi spirituelle quand il dit dans Proverbes 18:21 La langue a pouvoir de vie et de mort; ceux qui aiment parler en goûteront les fruits. (Segond21).

David redoutait des choses aussi, il avait de bonnes raisons, des ennemis voulaient sa peau et pendant 7 ans, il a erré de lieu en lieu pour se cacher tout en combattant sporadiquement. Cependant, il n’a jamais expérimenté le niveau d’épreuves endurées par Job. David avait l’habitude des épreuves, c’est un guerrier bien entraîné tandis que Job n’avait reçu aucun entraînement pour se préparer à ce qui allait lui arriver. Job avait vécu tranquille dans la bénédiction extravagante pendant des décennies avant son épreuve, il ne semblait avoir rien à redouter, il était même le juge à qui on faisait appel pour régler les confilts. Il était le mâle alpha, le chef de la meute, le Top Dog !

Job 29:1 Job poursuivit son développement: 2 Si seulement je pouvais revivre les mois passés, les jours où Dieu me gardait, 3 où sa lampe brillait sur ma tête et où sa lumière me guidait dans les ténèbres! 4 J’atteignais alors mon plein épanouissement. Dieu veillait en ami sur ma tente, 5 le Tout-Puissant était encore avec moi et mes enfants m’entouraient. 6 Mes pieds baignaient dans la crème et un rocher déversait près de moi des torrents d’huile! 7 Quand je sortais pour aller à la porte de la ville et me faisais préparer un siège sur la place, 8 les jeunes gens se retiraient à mon approche, les vieillards se levaient et restaient debout. 9 Les chefs arrêtaient leurs discours et mettaient la main sur leur bouche, 10 la voix des princes s’estompait et leur langue restait attachée à leur palais. 11 L’oreille qui m’entendait me disait heureux, l’oeil qui me voyait me rendait un témoignage favorable. 12 »C’est que je délivrais le malheureux qui appelait à l’aide et l’orphelin que personne ne secourait. 13 Le mourant me bénissait, je remplissais de joie le coeur de la veuve. 14 Je me revêtais de la justice, elle était pour moi un habit. Mon manteau et mon turban, c’était mon respect du droit. 15 J’étais les yeux de l’aveugle et les pieds du boiteux. 16 J’étais un père pour les pauvres, j’examinais la cause d’un inconnu. 17 Je brisais les mâchoires de l’homme injuste et j’arrachais la proie de ses dents. 18 Je me disais alors: ‘Je mourrai dans mon foyer. J’aurai des jours aussi abondants que le sable. 19 L’eau pourra pénétrer dans mes racines, la rosée passera la nuit sur mes branches, 20 ma gloire sera sans cesse nouvelle et mon arc reprendra des forces dans ma main.’ 21 »On m’écoutait, plein d’attente, on gardait le silence pour entendre mes conseils. 22 Après mes discours, personne ne répliquait, et mes propos étaient aussi bienfaisants que la rosée pour eux. 23 Ils comptaient sur moi comme sur la pluie, ils buvaient mes paroles comme les dernières pluies. 24 Je leur souriais et ils n’osaient pas y croire. Rien ne pouvait altérer le rayonnement de mon visage. 25 Je choisissais le chemin à suivre pour eux et je m’asseyais à leur tête. Je restais là comme un roi au milieu de sa troupe, comme un consolateur auprès des personnes endeuillées.

Ce n’est pas le langage d’un homme qui était terrorisé (pachad) avant son épreuve, si Job dit vrai dans ce passage. Ou même sans faire de Job un menteur, peut-être n’était-il tout simplement pas conscient qu’il entretenait des craintes malsaines qui avaient enclenché la loi spirituelle des semences et des récoltes.

Puisqu’il vivait dans l’opulence, ses craintes étaient nécessairement irrationnelles. L’être humain est bien capable d’entretenir de telles craintes sans fondement, les psy gagnent leur vie en traitant de telles personnes hypocondriaques, paranoïaques et autres *iaques ! Après les attaques du diable qui l’avaient dépossédé de tout, même de sa santé, cela ne s’arrêtait pas là, Job vécut par la suite l’opprobre au quotidien lors de son épreuve.

Job 16:10-11 Ils ouvrent la bouche pour me dévorer, ils m’insultent (cherpah) et me frappent les joues, ils s’acharnent tous après moi. Dieu me livre à la merci des impies, il me précipite entre les mains des méchants.

David aussi avait vécu de l’opprobre qu’il redoutait, dans le Psaume 22, sa santé en était affecté. David a aussi eu maille à partir avec plusieurs personnes ; le roi Saül jaloux voulait sa peau (1Samuel 19:9-10), son fils ambitieux Absalom voulait son trône (2Samuel 15:10), des mécréants comme Doëg l’Édomite le dénonçait (Psaumes 52), Schimeï le maudissait et lui lançait des pierres (Samuel 16:7,13).

Donc, pour terminer les comparaisons entre Job et David, Job a vécu au moins 200 ans dans l’opulence totale, versus quelques mois dans la pire des détresses, soit moins de 1% de sa vie. David a vécu 70 ans dont 7 ans de galère avant d’accéder à la royauté parès la mort de Saül, soit 10% de sa vie.

Dans un cas comme dans l’autre, leur temps d’épreuve a duré quand même très peu comparé au temps où ils ont été bénis. Je nous souhaite aussi d’être beaucoup plus bénis que persécutés !

février 10, 2022

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