Dieu ne demeure pas impassible devant l’aumône faite de bon coeur

Proverbes 19:17 Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Eternel, qui lui rendra selon son oeuvre.

L’aumône est l’une des formes de dons pour contribuer au soutien financier des autres, elle désigne le don fait aux pauvres et démunis qui n’ont rien fait en retour pour mériter ce don. S’ils avaient travaillé pour l’avoir, on parlerait alors de salaire, pas d’aumône.

Matthieu 6:1 Gardez-vous bien de faire des dons devant les hommes pour qu’ils vous regardent; sinon, vous n’aurez pas de récompense auprès de votre Père céleste. 2 Donc, lorsque tu fais un don à quelqu’un, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme le font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues afin de recevoir la gloire qui vient des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. 3 Mais toi, quand tu fais un don, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, 4 afin que ton don se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra lui-même ouvertement.

Jésus enseigne ici que Dieu remarque et récompense les aumônes faites discrètement, c’est alors une semence tombée dans une bonne terre qui produira une récolte abondante. Si on raconte aux autres nos aumônes, leur approbation sera notre récompense, pas plus.

Après la Pentecôte, il y a trois personnes qui étaient réputées pour leurs aumônes et Dieu s’en est souvenu pour les bénir particulièrement. Tabitha a été la première à être ressuscitée après Jésus et Corneille a été le premier païen à être baptisé du Saint-Esprit et parler en langues avec tout son entourage. La troisième personne, c’est l’apôtre Paul … (Actes 24:17).

Actes 9:36 Il y avait à Joppé, parmi les disciples, une femme nommée Tabitha, ce qui signifie Dorcas: elle faisait beaucoup de bonnes oeuvres et d’aumônes. 37 Elle tomba malade en ce temps-là, et mourut. Après l’avoir lavée, on la déposa dans une chambre haute. 38 Comme Lydde est près de Joppé, les disciples, ayant appris que Pierre s’y trouvait, envoyèrent deux hommes vers lui, pour le prier de venir chez eux sans tarder. 39 Pierre se leva, et partit avec ces hommes. Lorsqu’il fut arrivé, on le conduisit dans la chambre haute. Toutes les veuves l’entourèrent en pleurant, et lui montrèrent les tuniques et les vêtements que faisait Dorcas pendant qu’elle était avec elles. 40 Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux, et pria; puis, se tournant vers le corps, il dit: Tabitha, lève-toi! Elle ouvrit les yeux, et ayant vu Pierre, elle s’assit. 41 Il lui donna la main, et la fit lever. Il appela ensuite les saints et les veuves, et la leur présenta vivante. 42 Cela fut connu de tout Joppé, et beaucoup crurent au Seigneur.

Actes 10:1 Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille, centenier dans la cohorte dite italienne. 2 Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. 3 Vers la neuvième heure du jour, il vit clairement dans une vision un ange de Dieu qui entra chez lui, et qui lui dit: Corneille! 4 Les regards fixés sur lui, et saisi d’effroi, il répondit: Qu’est-ce, Seigneur? Et l’ange lui dit: Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu, et il s’en est souvenu. (…) 43 Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. 44 Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. 45 Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. 46 Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu.

Les aumônes ne font pas que tomber dans la main des pauvres, elles montent aussi jusqu’au ciel devant Dieu et il ne reste pas impassible à ces marques d’amour désintéressées !



Dieu se souvient de tout le bien que nous faisons autour de nous, cela active l’exaucement de nos prières.

Actes 10:31 Corneille, ta prière a été exaucée, et Dieu s’est souvenu de tes aumônes.

Maintenant regardons un passage assez intrigant où Jésus parle des aumônes.

Luc 11:37 Pendant que Jésus parlait, un pharisien le pria de dîner chez lui. Il entra, et se mit à table. 38 Le pharisien vit avec étonnement qu’il ne s’était pas lavé avant le repas. 39 Mais le Seigneur lui dit: Vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. 40 Insensés! celui qui a fait le dehors n’a-t-il pas fait aussi le dedans? 41 Donnez plutôt en aumônes ce qui est dedans, et voici, toutes choses seront pures pour vous. 42 Mais malheur à vous, pharisiens! parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes les herbes, et que vous négligez la justice et l’amour de Dieu: c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans omettre les autres choses.

Les pharisiens pensaient que donner de l’argent aux pauvres couvraient leurs manquements moraux. Jésus profite de l’étonnement du pharisien du fait qu’il n’avait pas suivi les commandements d’hommes en se lavant les mains avant de manger pour souligner que la pureté intérieure est bien plus importante. Quand le coeur est pur, il peut pratiquer la justice et manifester de l’amour en faisant l’aumône plutôt que d’y voir un calcul intéressé pensant couvrir ainsi ses propres fautes. C’est contre le principe même à la base des indulgences qui seront en vigueur plus tard dans le catholicisme que Jésus s’insurge et traite d’insensés ceux qui le pratiquent. Cela ne fléchit pas du tout le coeur de Dieu quand il n’y voit pas d’amour. C’est comme ceux qui donnent dans l’espoir cupide de s’enrichir, ils vont donner pour rien.

« Celui qui prend sur soi le fardeau de son prochain et qui, dans le domaine où il a quelque supériorité, veut en faire bénéficier un autre moins fortuné, celui qui donne libéralement à ceux qui en ont besoin les biens qu’il détient pour les avoir reçus de Dieu, devenant ainsi un dieu pour ceux qui les reçoivent, celui-là est un imitateur de Dieu. De même donc que ceux qui s’imaginent en dormant posséder de grandes richesses, fussent-ils alors les maîtres des trésors des rois, sont les plus pauvres de tous les hommes aussitôt que le jour vient à poindre; de même, dans la vie présente, celui qui ne peut rien emporter de ses richesses dans l’autre vie est le plus pauvre des hommes, quand bien même ici-bas il aurait possédé de grands biens, car il n’a été riche qu’en songe. Si donc vous voulez me montrer un véritable riche, montrez-le-moi lorsque le jour sera venu, lorsque nous serons entrés dans la patrie; car ici-bas, je ne puis distinguer un riche d’un pauvre. Nous n’avons point ici la réalité des choses, ce ne sont que des noms spécieux qui nous trompent. »

– Lettre à Diognète, vers 160 ap JC. Ci-dessous, extrait d’un sermon de Jean Chrysostome vers 380 ap JC sur l’aumône.

« Il en est qui donnent aux aveugles le nom de polubléponta, dont la vue est très étendue, bien que la réalité soit contraire à ce nom; ainsi je ne crains pas de dire que le nom de riche est porté ici-bas par ceux qui ne possèdent rien. C’est justement quand cet homme est riche d’après le langage ordinaire que je découvre sa grande pauvreté. En effet, s’il n’était dans la dernière indigence, il ne chercherait pas à amasser de si grandes richesses. On ne donnerait point à un aveugle le nom de polubléponta, c’est-à-dire qui voit beaucoup de choses, s’il n’avait perdu entièrement la vue; il en est de même pour le riche.

Laissons donc ces noms qui nous trompent, pour nous attacher à la vérité. En effet, la réalité des choses ne consiste pas dans les noms, mais c’est la nature des choses elles-mêmes qui leur assigne les noms qui sont conformes à leur essence. Vous appelez cet homme riche, il ne l’est pas en réalité. Et comment ne l’est-il pas, lui chez qui on voit regorger l’argent, l’or, les pierres précieuses, les riches vêtements, et tous les autres biens de la terre ? Parce que ce n’est ni l’or, ni les vêtements précieux, ni les richesses, mais l’aumône seule qui rend un homme vraiment riche : je ne vois là que de l’herbe, du bois, de la paille.

Dites-moi, en effet, quel vêtement sera capable de couvrir la nudité de celui qui se tiendra devant le Tribunal redoutable de Dieu ? C’est ce que craignait saint Paul quand il disait : «si toutefois nous sommes trouvés vêtus et non pas nus.» (2 Cor 5, 3.) Quelles richesses pourront l’arracher à de si grands dangers; quels serviteurs, quels palais, quelles pierres précieuses, pourront le garantir des châtiments qui lui sont infligés, quels bains pourront alors laver les souillures de ses péchés ? Jusques à quand donc vous séduirez-vous ainsi vous-même ? Jusques à quand fermerez-vous les yeux à la vérité pour rechercher ardemment de vains songes, alors que le jugement est si près, et qu’il est à votre porte ?

Je n’entends pas faire le procès aux richesses, comme je l’ai mille fois dit, mais seulement à ceux qui font d’une chose bonne un usage criminel. Les biens de ce monde, quand on y joint la vertu, sont une belle chose. Comment ? Parce qu’on s’en sert pour soulager l’indigence et relever le malheur. Écoutez le langage de Job : « J’étais l’oeil des aveugles, le pied des boiteux; j’étais le père des indigents. » (Job 29,16) Voilà des richesses, mais exemptes de péché, consacrées par l’amour des pauvres. « Ma maison était ouverte à tout venant. » (Ibid., 31,32) Voilà l’usage propre des richesses quand elles ne sont pas un vain nom, mais bien une réalité. La richesse alors est l’humble servante du riche; l’autre n’est qu’un fantôme trompeur; celle-ci a pour elle le nom et la vérité. Quelle est donc la richesse véritable ? celle qui devient l’instrument de la vertu, la matière de l’aumône. Comment cela ? Je vais le dire : Il est un riche qui vole à tous; il est un riche qui donne le sien aux pauvres : l’un amasse, l’autre répand; celui-là cultive la terre, celui-ci confie ses espérances au ciel. Autant donc le ciel l’emporte sur la terre, autant l’opulence du dernier l’emporte sur celle du premier. Le riche généreux a des amis sans nombre, le riche avare n’a que des accusateurs.

Non, je n’attaque pas les riches, je suis leur défenseur. Quand je parle de la sorte, je parle en votre faveur, bien que vous ne le sentiez pas. – Comment parlez-vous en ma faveur ? – Parce que je travaille à vous délivrer de vos péchés, à briser les chaînes de votre avarice, à faire de vous un objet d’estime et d’affection pour tous les hommes. »



– Extraits de sermons par Jean Chrysostome sur l’aumône que vous pouvez lire au complet ici et

juillet 11, 2022

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