Le baptême remplace-t-il la circoncision ?

Suivant l’analogie de l’apôtre Paul entre la circoncision et le baptême dans Col.2:11-13, les Pères de l’Église en sont venus rapidement à aller jusqu’au bout de l’analogie, ce que Paul s’était bien gardé de faire.

Ro.4:1 Que dirons-nous donc qu’Abraham, notre père, a obtenu selon la chair?
2 Si Abraham a été justifié par les oeuvres, il a sujet de se glorifier, mais non devant Dieu.
3 Car que dit l’Ecriture? Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice.
4 Or, à celui qui fait une oeuvre, le salaire est imputé, non comme une grâce, mais comme une chose due;
5 et à celui qui ne fait point d’oeuvre, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est imputée à justice.
6 De même David exprime le bonheur de l’homme à qui Dieu impute la justice sans les oeuvres:
7 Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, Et dont les péchés sont couverts!
8 Heureux l’homme à qui le Seigneur n’impute pas son péché!
9 Ce bonheur n’est-il que pour les circoncis, ou est-il également pour les incirconcis? Car nous disons que la foi fut imputée à justice à Abraham.
10 Comment donc lui fut-elle imputée? Etait-ce après, ou avant sa circoncision? Il n’était pas encore circoncis, il était incirconcis.
11 Et il reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice qu’il avait obtenue par la foi quand il était incirconcis, afin d’être le père de tous les incirconcis qui croient, pour que la justice leur fût aussi imputée

Paul enseigne qu’Abraham a été déclaré juste par la foi, non pas parce qu’il a été circoncis. La circoncision était le sceau de sa foi. De même, le chrétien est déclaré juste par la foi, non pas parce qu’il a été baptisé, le baptême, comme le faisait la circoncision, ne vient que sceller la foi salvatrice déjà présente aux yeux de tous.

On peut remarquer 3 choses qui distinguent le baptême de la circoncision.

La première chose évidente, c’est que les femmes ne peuvent recevoir la circoncision tandis que le baptême est accessible autant aux femmes qu’aux hommes.

La deuxième chose, c’est que la circoncision était un rite sanglant qui causait de la douleur, tandis que le baptême d’eau est sans douleur, car sur la croix, une fois pour toutes, Jésus a versé son sang dans la douleur à notre place, ce n’est plus notre part.

La troisième chose, c’est que la circoncision était appliquée aux bébés qui ne réalisaient pas ce qui se passaient tandis que le baptême était appliqué seulement à ceux qui avaient fait profession de foi en Jésus, cf. Ac.8:35-39:

Ac.8:35 Alors Philippe, ouvrant la bouche et commençant par ce passage, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus.
36 Comme ils continuaient leur chemin, ils rencontrèrent de l’eau. Et l’eunuque dit: Voici de l’eau; qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé?
37 Philippe dit: Si tu crois de tout ton coeur, cela est possible. L’eunuque répondit: Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.
38 Il fit arrêter le char; Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque.
39 Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus. Tandis que, joyeux, il poursuivait sa route

L’apôtre Paul lui-même, il est vrai, fait un parallèle avec le baptême qui est venu remplacer la circoncision comme rite d’introduction dans l’Israël spirituel, mais il se garde bien de pousser l’analogie trop loin. Lui et les autres apôtres écrivent à plusieurs reprises que c’est la foi en Jésus-Christ qui sauve, ce qui en fait la seule porte d’entrée dans l’Israël spirituel. Le baptême d’eau ne vient qu’illustrer d’une manière visible ce qui s’est déjà passé sur le plan spirituel à la conversion.

Col.2:10 Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité.
11 Et c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair:
12 ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.
13 Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses

Il est facile de suivre les raisonnements qui ont emmené les Pères de l’Église à équivaloir le baptême d’eau à la circoncision au-delà de ce que la Bible enseigne. C’était un développement doctrinal prévisible parce que c’étaient les deux rites d’introduction dans l’Israël physique et dans l’Israël spirituel.

Pourtant les dangers d’une telle association sont aussi bien évidents. Alors qu’au départ, le baptême d’eau illustrait l’action du Saint-Esprit dans le coeur du converti, il en est venu à être investi d’une grâce divine spéciale faisant venir l’action du Saint-Esprit dans le coeur d’un bébé ; de sorte que quelqu’un inapte à se rendre compte de ce qui se passe soit considéré né de nouveau dans l’Esprit et membre du peuple de Dieu.

Dans cet esprit, le baptême a réellement remplacé la circoncision juive, selon l’analogie de Paul dans Col.2 mais en poussant trop loin l’analogie, ne tenant plus compte de la foi du baptisé mais faisant appel à la foi des tuteurs de l’enfant comme c’était le cas dans l’Ancien Testament avec le peuple juif.

La circoncision de la chair était un archétype annonçant la circoncision du coeur dépouillé de la chair par l’action du Saint-Esprit à la conversion. C’est par le baptême dans le Saint-Esprit, non par le baptême d’eau que cela se produisait. Le baptême d’eau ne faisait qu’illustrer ce que le Saint-Esprit avait déjà fait dans le coeur du converti. Le baptême d’eau n’était pas investi divinement d’une grâce spéciale produisant l’effet spirituel.

Je pense que si les Pères de l’Église avaient vu jusqu’où ce développement doctrinal allait mener la pratique du baptême, au point de baptiser les bébés et faire croire à leurs parents qu’ils ont été scellés du Saint-Esprit, ils se seraient gardés d’aller trop loin dans l’analogie du baptême d’eau remplaçant la circoncision pour éviter une telle aberration. Ils seraient restés dans les limites bibliques de la définition du baptême.

Voilà un bel exemple pourquoi il est périlleux d’aller plus loin que les Écritures le permettent même quand c’est motivé par un désir sincère d’approfondir la Parole de Dieu.

décembre 22, 2017

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